le Louvre et sa 3DS, simple coup marketing ?

Publié: 11 avril 2012 dans Lu dans la presse, Visioguides

Comme souvent, il suffit d’une innovation marketing pour que la presse s’excite sur un sujet qu’elle ne traite habituellement pas, en l’occurrence l’audioguide. Car tout responsable de la communication d’un musée le sait bien, l’audioguide n’est pas (sauf innovation importante) un sujet de communication. Comme quoi pour avoir des retombées, mieux vaut s’associer à une marque, que de parler contenu de visite… On avait déjà eu le cas avec les iPod au château de Chenonceau qui avaient été sous le feu des projecteurs de nombreuses semaines alors que cette solution n’apportait rien de nouveau en terme d’usage (si ce n’est plus de difficultés pour les visiteurs peu habitués à utiliser une molette tactile plutôt qu’un bon vieux clavier d’audioguide).

Le cas du Louvre reste, comme souvent, un cas à part. Ayant été en contact avec le musée sur ces sujets dès 2006, je peux témoigner que l’idée de travailler sur console de jeux ne date pas d’hier. Des membres des équipes du Louvre se rendirent déjà au Japon dans ces années là pour voir ce qu’il était possible de faire. Le Louvre aura donc dû investir de son temps et de sa patience pour arriver à ses fins. Comme quoi, même en étant le premier musée du monde, il faut sacrément investir pour arriver à enrôler une marque mondiale.

L’audioguide du Louvre devient donc un visioguide® (ce qu’il était déjà depuis 4 ans) mais sur console 3DS. Et c’est bien là l’événement. La nouveauté mondiale dont il faut parler, c’est celle-ci : une console de jeux japonaise fait son entrée au musée. On dit même qu’il pourrait y en avoir 5000 à la location ! On retiendra là la leçon de communication : toujours donner des chiffres très importants. de tout façon on voit mal un journaliste dans 2 ans se lancer dans une enquête d’investigation pour savoir combien il y aura réellement de machines à disposition du public.

Bon, entre nous, pour toute personne qui s’intéresse sérieusement aux outils de médiation pour les visiteurs (et non pour les marketeurs), la seule question importante est : est-ce que cet outil apporte une expérience de visite à valeur ajoutée ? Ou est-ce un simple coup marketing ?

Même si 99% des musées ne pourront se payer un développement spécifique sur ce type de machine, il semble qu’il y a effectivement quelques fonctionnalités intéressantes et spécifiques qui ont été développées sur cette console. Voici un premier test qui me parait assez objectif, dans l’attente de juger par moi-même de l’intérêt de la 3DS par rapport à un visioguide® "classique"… même si le visioguide®, quel qu’il soit, reste à ce jour encore une nouveauté dont on ne dira jamais assez que, même sans être sur console de jeux, elle peut apporter une valeur ajoutée immense à la visite.

Pour lire le test réalisé par le journaliste Bertrand Amar, c’est par ici : http://www.bamarenlive.com/2012/04/louvre-nintendo3d

s-miyamoto.html

Bertrand Amar©

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Commentaires
  1. Du plaisir à partager !
    Bonne continuation.

  2. Malheureusement Guillaume, que ce soit pour l’audioguide ou pour n’importe quel autre dispositif de médiation, la presse ne prend pas le temps / n’a pas les moyens / pas le temps (que sais-je encore) d’effectuer une mini-investigation. On sort des chiffres (si possible les plus importants) et on leur fait une démonstration magnifique et tout le monde est conquit. Cela s’est vu dernièrement par avec la dernière conférence de presse du Google Art Project… Personne ne s’est interrogé sur la médiation alors que Wikimedia développe des projets très poussés avec les musées (très peu d’info sur les oeuvres, ou alors pas traduites donc pour l’accessibilité on repassera). Pas de partage de contenus (alors que Google a un réseau social, exsangue certes, mais un réseau tout de même)…

    On peut pousser le vice plus loin encore : une affaire de droit à l’image opposant le Château de Chambord à Kronenbourg, le ministre de la culture qui prend parti (à tort : contre la décision du tribunal administratif et contre la législation du droit d’auteur que son ministère gère) et qui dit n’importe quoi… et que personne ne contredit.

    Et c’est là, à mon sens, que les réseaux ont un rôle à jouer et notamment les blogs comme le vôtre, le mien ou d’autres encore. Un exemple tout bête : deux médias m’ont interrogée pour le Google Art Project. Ils voulaient en fait, en savoir un peu plus sur le pour/le contre… C’est encore assez manichéen mais la volonté est là…

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